La Vicomté

I

 

Villas souriantes aux vignes,

septembre soupçonné

passe roussir vos murs.

 

Ici l’hiver appartient à la nuit.

Le glas des drisses sur mes mots

n’a plus l’écoute de l’abeille.

 

Le sterne, soutenu de la vague et du vent,

avec lenteur l’entraîne aux sentes où,

en soirées déferlées, les cigales veillaient.

 

Villas ensommeillées de givre,

décembre insoupçonné

heurte déjà vos gonds.

 

II

 

Là, ou la mer offrit au miroir

le fruit amer de ses naufrages,

j’entends

en chemin, plaindre à l’à pic du ressac

de biens rugueuses reptations.

 

Sans tout comprendre du clapot,

mon regard à fixer l’autre rive,

instrumente,

lorsque la Rance hésite à devenir la mer.

 

A peine le poids de la foudre

mesuré sous la barque des vents,

que le sillage du poème,

enfant,

recompose les mots devanciers.

 

Le temps y a perdu la contrainte de l’ennui

et l’angoisse du passé.