Si le soleil offre son ombre au jardin, la musaraigne s’y abrite.

Le mur en dit long sur nos regards, surtout dans la pénombre des volets.

Mais avons-nous le même langage ?

Sourd, le poisson remonte la mémoire de l’eau vers la transparence des roches.

Tout goûter au jardin, provisionne.

Mésange guette,  sans se départir.

L’abeille et le passé butinent le présent.

Mon seuil de bon granit.

L’orage se préoccupe du ruisseau, car ce soir, un artificier officie.

Ruisseau, toi mon ami, si tu redoutes sècheresse interroge l’amont.

Penser auprès du ru n’est pas questionnement mais, écouter l’aubier s’assurer les lichens.    

L’arbre et le soleil ont en commun le regard.

L’un voit l’autre qui le voit.

Seul le lit de mousse sait se taire.

Mais prend garde au buisson.

Rompu par l’abeille, le silence ordonne au vent de battre une fenêtre.

On retrouve au dessus de la porte, dans l’armoire, les livres et les vases, des rêves de jardin.

Au jardin se sont, jaunes sur fond noir, les orvets qui tracent les allées.

Sans nous et sans l’accord de l’éphémère libellule.