« Qui écoute dans le pré entend la plainte de ces folles éprises de la brisure âpre du vent. »

 

 

Graminées

Sauvages, inextricables entrelacs, manne terrestre du printemps. Courbures et formes, aventures débridées acquérant l’espace. « C’est ainsi que, différentes, vous dansiez au vent et jouiez du cristal matinal sans jamais vous nommer. »

 

Fauchées et brûlées et toujours renaissantes. Vers les abris d’insectes et d’oiseaux, aux plus proches épiages, nos mains pardonnent aux chemins la paresse du jour.

 

Parfois, aux senteurs d’herbes séchées, l’on perçoit les lents balancements des voilures d’été, monter à midi l’horizon.

 

Sauvages, à vous écouter, celui qui n’en prit pas le temps, aurait eu pourtant à apprendre de l’élan redressant vos massettes, la sagesse du vent, ourlant sa vague largement.

 

 

Agrostide

Écume violine et moirée des larmes à l’aurore. Complexité délicate d’une pyramidale épeire.

Vaporeuse en vague lente, le scintillement d’infimes bijoux que suscite une flèche lumineuse.

L’acidité du bois en éveil, la confond.

 

 

Canche flexueuse

La grâce méditée de ton architecture, au sort mérité d’un parfum automnal, s’écrit ici sur le souffle d’un vol.

Non pas un combat, gracieuse, seulement le rire d’un enfant t'égrappant.

 

Oyat

Le sable s’informe du différend. Ni tempêtes ni embruns ne brisent le sauvage. Dressé au plus haut de la dune, à  le voir si serein le vent récuse l’arbitrage.

Le maître veille au talitre sauteur !

 

 

Prêle

Que de siècles navigués, lestes en fond de cales exotiques. Ensemencée aux pavés des ports, est-ce dans les navires du monde que tu perdis tes feuilles et tes fleurs ?

Que les vents cardinaux te dispersent, renarde.

 

Roseaux

Infranchissables inflorescences, castor ni corneilles ne dressent en tes lieux soutenus, de barrages ; seul le vent s’aventure et lace de silence les fléchissements langoureux.

Un lent clapot sur la rive retenu, efface frileux, l’agilité de l’oiseau à retrouver le nid.

La nuit moins adroite que tes masses, disparaît à l’approche du merle.

 

Vipérine

Villeuses et si bleues hérissées,

vous, rudérales et pierreuses satisfaites,

retenez le vent larmoyant les décombres.